28 août 2012

Comment savoir...

coeuréComment savoir que l’on est amoureux lorsqu’on se rend compte qu’on ne l’a jamais réellement été…Déjà se rendre compte que ce que nous pensions être de l’amour n’en était pas, accepter que chaque fois que nous avons dit « je t’aime » nous voulions dire en réalité « je suis bien avec toi », « tu me fais rire », « tu m’évites d’être toute seule » - il est terrible celui-là - voire : « tu me permets de réaliser ce que je voulais, et si ce n’était pas toi ce serait un autre »…un peu rude, mais ça arrive même si en réalité il n’y a que le moi profond qui l’entende comme ça ! Je le sais, je viens de réaliser que les hommes qui ont marqué ma vie n’avaient fait que me permettre de changer d’horizon, ils ont été des moteurs ou des catalyseurs. Mais à aucun moment je ne me suis demandée si c’était vraiment « Lui », celui avec qui je voulais passer le restant de mes jours, celui qui me rendrait sereine, qui me permettrait d’envisager l’avenir sans me dire, « derrière ce virage, il y a un mur…attention… », celui pour qui j’aurais eu envie de lutter pour le garder et continuer à lui plaire chaque jour un peu plus, pour qui j’aurais déplacé des montagnes, pour qui mon petit cœur aurait battu la chamade un peu plus longtemps que le temps de le dire, bref, l’Homme de ma vie, pas celui des 5 ans à venir !

Ce n’était pas la peine, ils n’étaient là que dans un but unique, chacun le sien…donc forcément, une fois l’objectif atteint (parce que je le vaux bien quand même), finis, disparus les pseudos sentiments, au placard le soi-disant homme-de-ma-vie-qui-ne-sert-plus-à-rien. Le temps que tout décante, la durée de survie est plus ou moins longue, en fonction de l’attachement qui a pu naître au fil des années, et du temps qu’il m’aura fallu pour me rendre compte – inconsciemment, je ne suis pas un monstre – que j’avais obtenu ce que je cherchais donc que l’unique raison de mon choix n’avait plus court. On pourrait a priori comprendre que ce soit le père des ladies qui ait eu le préavis le plus long (et je dis bien « a priori » parce qu’il est plein de ressources pour tenter de contrôler ma vie, encore 2ans et demi après, mais j’en parlerai une autre fois), parce que j’ai essayé d’y croire, de me dire, non ce n’est pas possible, pas avec le père de mes enfants, je l’aimais lui ! La question que je me pose, c’est : est-ce de lui que je suis tombée amoureuse, ou bien du fait qu’il avait déjà un enfant (moi qui ne les aimais pas…quelle ironie) et que ça me rassurait de me dire qu’il ferait un bon père…et puis je devais avoir la fameuse horloge qui commençait à faire raisonner son tic-tac obsédant.

 Cette triste issue, néanmoins tout à fait compréhensible quand on y réfléchit a posteriori, s’est à chaque fois imposée malgré moi, et ma charmante mère de me dire « mais tu ne les aimais pas, ce n’est pas possible, tu es incapable d’aimer quelqu’un »…un peu dur à entendre sur le coup, surtout lorsque l’on n’a pas encore entrepris le voyage au centre de notre cerveau, de nos émotions, de notre cœur, que l’on trouve si sec à le regarder de plus près.

Mais c’est quoi alors aimer ? Comment on se rend compte qu’on aime finalement, si tout ce que nous avons cru jusqu’à présent n’était pas vrai ? N’est-il pas possible de tomber amoureux (en vrai) au fil du temps, grâce à la complicité qui s’installe entre deux personnes, grâce à tout ce que nous aimons faire ensemble, aux fous-rires, aux ballades, et à l’envie d’avoir la vie dont on rêvait ? Bien sûr que c’est possible, si la personne est quand même un peu faite pour nous…Mais si lorsque nous nous sentons en sécurité, lorsqu’il nous apporte ce dont nous avons besoin (soi-disant) et comble notre solitude, nous ne sommes pas amoureux, comment faire la différence entre « je suis bien » et « je suis amoureuse » ? Parce qu’avoir un petit ami, c’est croustillant au départ, on reçoit plein de messages, on se demande quand est-ce qu’on va le revoir, s’il pense à nous, c’est tout ça finalement qui m’a conduite à me tromper sur la nature de mes sentiments, ou de mes ressentis plutôt. Pourquoi J’ai tout confondu, tout mélangé ? Pourquoi ne pas avoir voulu prendre le risque de tomber amoureuse « en vrai »…parce que ça fait mal sûrement, parce que ce n’est pas éternel, donc quand ça s’arrête, cette petite chose qui nous avait dit qu’on était amoureux se déchire, éclate au fond de nous « façon puzzle », et c’est le vide qui s’installe. Alors peut-être que sans m’en rendre compte je me suis protégée de cette fin de mon monde intérieur. En choisissant une personne dans un but rationnel, utile, pas de risque d’être déçue, puisque pas attachée, cqfd.

Donc aujourd’hui, derrière moi, je laisse trois histoires ratées, deux ladies qui ne vivent plus avec leurs deux parents, et il y a tout à réapprendre. Apprendre à avoir confiance dans mon jugement, maintenant que j’ai compris tout ça ! Apprendre à déceler cette petite étincelle dont tout le monde parle mais qui est restée éteinte jusqu’à présent, apprendre à aimer avec mon cœur, et pas avec ma tête, apprendre à aimer, non pas pour le plaisir de me dire « super, j’ai un petit ami », mais parce qu’il me fait vibrer, parce qu’un jour, au volant de ma voiture, je suis foudroyée par une évidence : « ne cherche plus, c’est « lui » ! Apprendre à l’aimer parce que je « sais » qu’avec lui ça va bien se passer, parce que c’est comme ça, et vous n’y pouvez rien, et moi non plus ! Et aussi parce que même si ce n’était pas lui, entendre le ronron du cœur et se sentir vivre de l’intérieur, ça en vaut la peine.

Posté par PrincesseSan à 22:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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